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vendredi 16 mai 2008

La Commission de l'informatique et des libertés contrôlait, hier, la vidéosurveillance de Transpole

Deux agents de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) ont investi, hier, les PC sécurité de Transpole. La CNIL répondait à une plainte d'un chauffeur de bus, inquiet de l'utilisation qui pourrait être faite des enregistrements vidéo et sonores à bord des véhicules.

PAR ARNAUD DUFRESNE

metro@lavoixdunord.fr PH. ARCHIVES STÉPHANE MORTAGNE

L'information n'a pas vraiment perturbé la circulation des bus métros et tramways, mais n'est pas passée inaperçue. Deux représentants de la Commission nationale de l'informatique et des Libertés (CNIL) ont passé toute la journée d'hier dans les postes de sécurité de Transpole à Lille-Flandres, ceux vers lesquels convergent les images d'environ 2 000 caméras de surveillance réparties sur l'ensemble du réseau. La vidéosurveillance qui fait la fierté du transporteur et le bonheur des policiers et tribunaux (de nombreuses affaires ont été résolues par ces caméras) est sur le banc des accusés.

Selon Alex Türk, sénateur du Nord et président de la CNIL, l'initiative fait suite à « une plainte d'un chauffeur de bus  », « concernant le système de vidéo et de son  ». Les caméras et aussi les micros arrivent en effet dans les bus, métros et tramways, et suscitent des inquiétudes. Le plaignant « considère qu'il s'agit d'une atteinte et d'une pression dans le cadre de son travail. Transpole répond que la finalité est d'améliorer la qualité du service et nous a également demandé un conseil sur cette affaire ».

La question porte sur l'utilisation que pourrait faire l'entreprise des images et des sons enregistrés à bord notamment des bus, où des conducteurs apparaissent. « Ces problèmes ont été évoqués en CHS (comité d'hygiène et de sécurité), reprend Mohammed Fari, du syndicat CGT. Ces enregistrements ne doivent être utilisés qu'en cas d'incident ou d'agression. Mais là, Transpole veut en faire un outil pédagogique, et reprendre certaines séquences pour des formations. Le CHS a donc alerté la CNIL (M. Fari ignorait la plainte du chauffeur). On ne veut pas que les films où apparaissent les agents puissent être visionnés ou écoutés par la hiérarchie. C'est la porte ouverte au flicage des salariés. La géolocalisation des bus est déjà devenue un outil de production plus que de sécurité.  » Réponse, hier, de la direction : « Les images sont visionnées lorsqu'un incident s'est produit, au maximum 48 heures après les faits. Il ne s'agit pas de juger le comportement des salariés, mais de comprendre ce qui s'est passé.  » Cet usage est « possible, rappelle la CNIL. Mais avec des règles précises. Les représentants du personnel doivent en avoir été informés, la finalité - professionnelle uniquement - doit avoir été expliquée. Les salariés doivent aussi pouvoir échapper de temps en temps à ce système (s'éloigner des micros et caméras), accéder aux enregistrements, et les modifier ou demander leur retrait ».

La CNIL entend donc vérifier tous ces points. Résultat dans une quinzaine de jours. •

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